Press reviews

Les Inrockuptibles10/04/2013

On se souvient de rapprochements entre le Français Luis Francesco Arena et l’Américain Ken Stringfellow des Posies. On se souvient aussi de disques de folk lumineux appris chez Nick Drake. Désormais entouré de deux complices – François- Pierre Fol et Yohan Landry, également musiciens du Prince Miiaou –, le Français prolonge cette belle histoire en signant un quatrième album riche et mélancolique, que portent des arrangements triés sur le volet.

Sur Stars and Stones, le trio s’offre ainsi quelques parenthèses de pop flamboyante (la délicieuse Pocket Change ou Ninety Days), des ballades (Monsters ou Saviour’s Bow) et quelques fulgurances vocales (Morning Defeats). Par moments, on croirait même, dans ce lyrisme savamment maîtrisé, retrouver quelque chose des premiers Radiohead ou Muse (si, si). On les aimait bien à l’époque.

Stars are underground12/03/2013

On ne l'avait pas vu venir celui-là. Ca fait pourtant un bon moment qu'on connaît Luis Francesco Arena, qui nous avait sorti un bien bel album teinté de Folk en 2007 déjà, puis confirmé avec 'Chess In The Abyss' trois ans plus tard. Deux albums qui ne manquaient pas d'idées ni d'envie, mais qui ne remplissaient peut-être pas encore toutes leurs promesses. Et à vrai dire on s'attendait à quelque chose du même acabit, c'est-à-dire un disque très agréable mais qu'on aurait peut-être un peut trop vite oublié.

Difficile de dire ce qu'il a pu se passer entre temps, mais Luis Francesco Arena semble avoir eu une révélation. Aujourd'hui tout semble si limpide, si évident, que 'Stars And Stones' est enfin le tremplin qu'il lui manquait pour prendre son envol. Peut-être est-ce grâce à l'arrivée de François Pierre Fol et  Yohan Landry à ses côtés, membres du cérébral et inventif groupe Post Rock Microfilm, musiciens du Prince Miiaou, hier compagnons de scène de Luis Francesco Arena, aujourd'hui acteurs à part entière dans la composition de cet album.

'Stars And Stones' est certainement le fruit de toutes ces expériences, mais aussi d'une excellente production, tant s'en dégage une réelle impression de profondeur. Aujourd'hui le trio va bien au-delà des racines Folk qui caractérisait ce projet à ses débuts, même s'il s'en était déjà progressivement éloigné, pour évoluer vers quelque chose de plus mordant mais surtout de très envoûtant.

Les cinq premiers titres de cet album sont un sans faute. Après une introduction volontairement trompeuse 'Ninety Days' passe d'une entrée en matière acoustique et mélancolique à un refrain aussi soudain que lumineux. Comme si le groupe jouait dans le noir et ouvrait soudainement bien grands les volets. On est déjà frappé par la force qui s'en dégage. Le trio affirme sa personnalité et fait preuve d'une belle maturité au service de compositions habitées comme 'Gold' où un certain psychédélisme semble avoir pris le dessus. On retrouve un peu ce goût du bricolage qui avait si bien réussi à une époque à Joseph Arthur, ou plus récemment au plus confidentiel Yoav sur son single 'Yellowbrite Smile'. 'Pocket Change' est quant à lui un morceau au lyrisme fou sur lequel Pierre-Louis François, l'homme derrière Luis Francesco Arena, donne de la voix. On osera même la comparaison avec le grand David Bowie des années 70 sur le refrain de 'Saviour's Bow'.

"Libéré", c'est peut-être bien l'adjectif qui conviendrait le mieux à ce nouvel album qui propulse le groupe et son art vers de nouvelles sphères, avec une orchestration toujours plus variée et aboutie, et un parti pris de plus en plus Rock (comme sur ' Break The Spell') qui leur sied à merveille. Le moment est donc venu de vous laisser emporter par Luis Francesco Arena qui devient aujourd'hui l'un des groupes les plus excitants de l'hexagone.

Euphonie05/02/2013

Tout commença avec un vieux pick up Phillips et des rangements en carton. J’avais neuf-dix ans et je découvrais la caverne d’Ali Baba : la collection pléthorique de 33 et 45 tours de ma mère, remisée progressivement en bas des armoires de notre petit appartement à partir du moment où la musique céda le pas à d’autres urgences.


Il y avait bien quelques vinyles qui trainaient de ci de là, sauvés de l’empaquetage systématique. Mais quand je me décidai un jour à ressortir la valise magique et les caisses d’archive, je découvris un autre monde, fantastique, fait de pochettes, de titres en couleurs et de visages inconnus. Qui était ce Toto Cutugno ?  De quelle terre promise parlait Richard Anthony ?  Et c’est quoi unmendiant de l’amour ? Je passais des après-midis entiers à comparer les logos des labels Fontana, Polydor, Decca, à corriger une rayure sur un disque des Turtles, à écouter dix fois un Morricone oublié. C’était le paradis, vraiment : un ilot d’innocence où j’ignorais qu’il était mal vu d’enchaîner un Beatles avec un Claude François. J’apprenais, je m’abreuvais à la source d’une génération qui avait connu le twist, le rock, le disco. Je ne connaissais pas encore Reggiani mais j’aimais Daniel Guichard. J’ignorais Ferré mais déjà Gainsbourg me rendait tout chose.  Et d’une certaine manière j’entrais dans le monde interdit des adultes, celui des paroles à double sens et des évocations qui me laissaient perplexe et curieux.


Après des mois D’O.M.D, de Michel Delpech, de Rolling Stones, de Verdi, je connus la première sécession : le pick-up s’enflamma diaboliquement alors que j’écoutais Hotel California. De quoi reconsidérer les théories ésotériques sur le tube du groupe californien. La chute. Bye bye l’Eden. J’achetai alors ma première chaine hi-fi et mes premiers disques. Je découvrais une nouvelle ère : le choix, la distinction.


Je regrette parfois cette innocence ignorant le qu’en dira-t-on ? Cette liberté. J’envie secrètement ceux qui aiment parce qu’ils aiment. Aujourd’hui un nouvel artiste émerge toujours déjà accompagné d’une flopée d’avis, de commentaires, de jugements définitifs. Il est de plus en plus difficile d’écouter sans savoir. Et il m’arrive parfois de regretter ce temps où Vangelis et Léonard Cohen m’atteignaient sans a priori.  

         

L’avantage paradoxal d’internet est que parfois on tombe par hasard sur un artiste comme on choisissait autrefois un disque selon sa pochette, ses couleurs, ce que le nom nous évoque. Star and stones de Luis Francesco Arena fait partie de ces exceptions. Beau visuel, nom exotique et trompeur : ce que vous allez entendre ici est une sublime proposition pop. Mais j’en ai déjà trop dit : disons que vous l’avez découvert par vous-même.

indiepoprock04/02/2013

On ne cachera pas être passé à côté des trois premiers albums de Luis Francesco Arena. Et c’est sans la connaissance de ceux-ci que  l’on a découvert un disque étonnant de qualités, quatrième opus d’une classe folle aux contours parfaitement soignés. Lui, compositeur émérite doté d’une voix musclée et habitée, et ses deux acolytes (François Pierre Fol et  Yohan Landry) composant donc désormais une entité devenue trio et explorant les diverses possibilités d’une alliance pop/rock intense et mélancolique. “Stars and Stones” apparaît alors comme le résultat d’un savoir-faire qui arrive à maturation et d’une envie contenue mais intelligente de se laisser aller à quelques expérimentations bien senties. On découvre ainsi un album pétri de bonnes intentions, laissant entrevoir progressivement l’amplitude des possibilités qui s’offrent à nous : subtile et jazzy Ninety Days, énergique Gold, déchirante et spectrale Empty House, languissante Saviour’s Bow, électrique et puissante Break the Spell, onirique et tourmentée Morning Defeats, sombre et effrayante Ice in the Glass etc… Soit une large palette d’émotions proposées qui font de l’écoute de ce “Stars and Stones” une expérience de chaque instant. Fort de l’équilibre obtenu dans l’agencement de ce vaste éventail de propositions et faisant preuve d’un soin particulier apporté lors du passage en studio, ce nouveau disque de Luis Francesco Arena devrait en tout logique être celui de la révélation.

Mowno21/01/2013

Pop grande classe

La pop est parfois fade, prévisible et mielleuse. La recette peut paraître facile, pourtant les artistes qui s’y frottent ne réussissent pas tous ce tour de force sans sombrer dans de pales copies et fausses sensibleries. Mais quand elle retourne le ventre et bouscule de par sa force émotionnelle, quand ses airs nous imprègnent jusqu’à la moelle, il semble impossible d’y résister, de ne pas en ressortir sensible et égratigné. C’est là la force de Luis Francesco Arena qui écrit et interprète une musique intemporelle et profonde. Un univers doté de compositions intelligentes et poignantes. A chaque album, le bonhomme hausse son niveau musical, et avec “Stars and Stones”, quatrième album sous le bras, le bonhomme pourrait bien – à défaut de les tutoyer - décrocher les étoiles.

C’est accompagné de musiciens, en s’inscrivant donc dans une démarche collective, que LFA s’est mis au travail pour ce nouveau disque. Des orchestrations complexes, des arrangements fins et une production excellente viennent souligner et magnifier des compositions imparables. Les accumulations de voix, autant que les intrusions d’instruments à corde et autres claviers aux relans 70’s portent les titres plus haut encore. Aussi, pourtant déjà identifié au travers de ses précédents albums, le sens mélodique de plus en plus riche et reconnaissable du songwriter n’en finit plus de nous envelopper.

De bout en bout, “Stars and stones » se fait limpide, servi par des compositions aussi prenantes que surprenantes, s’enchaînant sans relâche dans une rare cohésion. D’entrée, “Ninety Days” nous pousse vers de hautes altitudes pour ne plus nous lâcher, laissant “Gold” et “Pocket Change” nous porter d’une puissance émotionnelle distillée sans compter. Plus rock, les “Break The Spell” et son gimmick guitare tubesque, ou encore “Ice In The Glass” aux variations rythmiques soutenues et à l’envolée finale dévastatrice nous balayent les sens. Plus calmes et posés, “Saviour’s Bow” se démarque par ses violons dissonants, le très court “Monsters” et “For Real” sont de véritables odes accrocheuses , tandis que “Old Time Photograph” - puissant, chaotique et sublime - nous livre “Containers”, final poignant et épuré, à l’approche plus électro.

Trois minutes plus tard, alors que règne un silence rempli de quiétude, LFA nous a transpercé de part en part, et ramené avec délicatesse à la réalité. Le temps de douze titres, il n’a pas manqué non plus d’attester et d’assoir définitivement un univers musical à la puissance exponentielle. Bien que nous ne soyons qu’en début d’année, “Stars and Stones” risquerait bien de finir dans les top-albums 2013 tant il est lumineux, fort, et admirablement bien mixé. Espérons que la collaboration avec le label Vicious Circle lui ouvre les portes d’un rayonnement plus large. Ce serait une moindre récompense devant un tel talent.

ROCKERILLA (Italian mag)10/02/2009

LUIS FRANCESCO ARENA Porcelain Tandem Fiat Lux

Paolo Dordi 7/10

Abbiamo conosciuto la musi- ca di Luis Francesco Arena in occasione del recente Rockerilla Birthday Party e abbiamo scoperto un son- gwriter capace di costruire atmosfere avvolgenti e singo- lari, in cui una voce fragile e ricca di personalità si scioglie dentro gli accordi di un’acu- stica, le cui accordature aper- te creano un suono peculiare e obliquo. Ritroviamo queste caratteristiche intatte su “Porcelain Tandem”, appena impreziosite da qualche inserto di archi che dona maggior consistenza alla struttura dei brani. C’è una fragilità di fondo che si mischia con una malinconia latente, mai troppo invaden- te e si spande su composizio- ni morbide, di raffinata leg- gerezza (“On A Mission”), ballate oscure e indolenti (“Porcelain Tandem”), sedu- centi incursioni up-tempo (“Under Red Lights”). Ma ciò che maggiormente convince in questo album è la mobilità delle canzoni, la loro capacità di esplorare colori differenti mantenendo di fatto gli stessi ingredienti di base. Basta pensare a una versione di “Help!” completamente de- costruita e desaturata, che all’inizio si stenta a riconosce- re, con un chorus che più che un tripudio evoca un sipario chiuso e un riflettore a span- dere una luce bassa, appena percepibile. Arena canta in inglese, ma tale artificio non pare affatto una forzatura e dona forza e una musicalità maggiore alle sue canzoni. In futuro ci aspettiamo qualche colore più vivace e un po’ di coraggio in più ma sin d’ora le canzoni di “Porcelain Tandem” mostrano un arti- sta da tenere d’occhio.


Scare culture16/08/2008

  
Un de plus, un ! Luis Francesco Arena est un des nouveau rejetons de la scène "folk" française, scène voyant de plus en plus de jeunes loups venir la croquer à (plus ou moins) pleins crocs. Certains sentent l'opportunisme, rien de plus. D'autres, en revanche, laissent transpirer quelque chose de plus fort, un réel talent, une réelle émotion.
Et d'autres, encore, ont quelque chose en plus en plus. Et ceux-là, ça me gêne toujours énormément de les chroniquer. Ce qui explique que ce Porcelain Tandem a tourné des mois et des mois sur mes platines avant de bénéficier d'une analyse aussi impertinente qu'imprécise, mais néanmoins sincère. Luis Francesco Arena dégage quelque chose de particulier, quelque chose de fort, une urgence hors normes couplée à une émotion à fleur de peau. Une voix écorchée vive, incroyablement juste, vient jeter toute son intensité sur des mélodies tantôt légères, tantôt denses, toujours acoustiques conférant une atmosphère incroyable à cet opus. Luis Francesco Arena sait jouer de sa voix, alterner moments enjoués et moments relativement calmes, le tout avec une classe et une assurance à couper le souffle. Porcelain Tandem requiert une profonde respiration avant écoute, tant l'enchaînement des morceaux plonge l'auditeur dans une apnée irréversible. Résister aux charmes dégagés par cet univers folk est mission impossible, pour peu qu'on arrive à se laisser envouter.
D'aucuns trouveront certainement un aspect surfait, surjoué aux compositions de Luis Francesco Arena. Nous, on les trouve criantes de sincérité et poignantes à souhait. Si H-Burns et Syd Matters brillent par leur incroyable habilité à nous émouvoir, Luis Francesco Arena leur emboîte le pas de fort belle manière. Ce petit nouveau gagne d'entrée ses galons dans la flotte hexagonale. Bien joué, m'sieur !

Pop revue express25/03/2008

On avait découvert Luis Francesco Arena (de son vrai nom Pierre Louis François, ancien membre du groupe Headcases) sur la structure Another Records en 2005 avec un premier album aux accents folk, basé principalement autour de la guitare et de la voix, autour desquels venaient se caler quelques cordes pour des arrangements aussi discrets que jolis. Pas de gros changement serait-on tenter de dire au premier abord. Pourtant, à bien y écouter, on se rend vite compte des progrès fait par le garçon tant au niveau du chant que des compositions. Moins maniéré, le chant de Luis Francesco Arena se révèle ici plus naturel et plus agréable. Côté musique, c’est d’abord au niveau des arrangements que l’on appréciera l’évolution. Entouré d’un quatuor à cordes, ce dernier enrichit sa musique lui donne plus de relief encore, preuve en est cette superbe reprise du “Help” des Beatles. De la belle ouvrage.