Press reviews

BOKSON25/02/2008

C'est avec l'arcade ensanglantée qu'on s'attaque à ce deuxième album de Luis Francesco Arena qui, bien digérée, relève sans détour d'un parpaing pris en plein visage. Non pas que son répertoire fasse siffler les tympans, lui qui nous avait habitué à quelques acouphènes au sein de Headcases, son autre excellent projet qui vient tristement de mettre la clé sous la porte au retour d'une tournée américaine somme toute logique, le dernier album du groupe "Castaway But Blessed" n'ayant trouvé une oreille attentive qu'outre Atlantique.

Non, seul, le jeune homme donne plutôt dans le folk acoustique ouvrant grand les portes d'une délicieuse mélancolie, d'une rage sous jacente, le tout avec une simplicité aussi déconcertante que touchante. Luis Francesco Arena se révèle alors en auteur/compositeur/interprète de grande classe, souligne sans retenue une voix un brin nasillarde aussi franche que fragile, qui aura toujours illuminé son passé musical. Du coup, les rapprochements aussi hâtifs que flatteurs pleuvent. On pense à Elliott Smith, Nick Drake, Tim Buckley, Jonah Matranga, Troy Von Balthazar, Thom Yorke, voire même Michael Stipe, mais jamais le bonhomme de Jarnac ne tombe dans la pâle copie, préférant de loin piocher chez chacun de ses aînés, comme pour en retenir le meilleur, qu'il s'agisse de la puissance émotionnelle de l'un, la sensibilité ou les mélodies d'un autre.

Tout cela fait de "Porcelain Tandem", impeccablement produit par Peter Deimel (dEus, Chokebore, The Kills) au studio Black Box, un grand disque composé de deux parties bien distinctes. Bien que deux ans séparent ces deux témoignages, "7 Birds" reprend les choses là ou elles avaient été laissées, comme pour mieux nous faire languir et jouer l'effet de surprise. Car la première moitié de ce nouvel opus se place sous le signe du rythme, incarné par l'intervention franche d'un quatuor à cordes inspiré ("Hard To Move", "Under Red Lights", "The Lion's Kiss", "On a Mission").

Puis, "Porcelain Tandem", titre éponyme interprété en duo avec Camille Berthomier

(John & Jehn), annonce une dernière ligne droite légèrement moins lumineuse mais tout autant, voire plus, émouvante. Luis Francesco Arena, bien que toujours accompagné, exacerbe alors sa mélancolie par la lenteur et la légèreté de ses compositions, celles qui ne laissent plus aucun doute sur son talent ("Reckon The Haze", "Help", "One Last Record"). Viennent alors les dernières notes du final "The Soldier's Break", résonnant au moment même de l'évanouissement, sans que l'on sache vraiment si la cause provient de ce corps vidé de son sang, ou du choc émotionnel assené par ce mec venu de nulle part, bien décidé à tracer sa route...

SENSATION ROCK25/02/2008

Sur son deuxième album, Porcelain Tandem, Pierre-Louis François qui s’est choisi un pseudo aux sonorités espagnoles, continue de développer sa musique, toujours aussi enchanteresse et profonde, et pousse, ici, les choses un peu plus loin. Et cela, avec beaucoup de classe.

Luis Francesco Arena a placé ce disque sous le signe de la dualité. Dans le titre, d’abord, qui fait penser à la fragilité des choses qui vont par deux, puis ensuite, en envisageant le tout comme un vinyle, aux deux faces bien distinctes.
Une première partie, notamment sur 7 Birds ou Hard To Move, où les cordes, très présentes et on-ne-peut-plus actives, se marient à cette guitare rythmique, parfois presque rageuse. Under Red Lights et The Lion’s Kiss, deux des plus belles chansons du disque, rappellent les structures mélancoliques autrefois assemblées par les Anglais Ben & Jason.
Puis, à partir du superbe titre éponyme, chanté avec Camille Berthommier alias Jehn (du duo londonien John & Jehn), les choses changent, l’atmosphère se densifie, laissant la place à des guitares aux lignes claires, à des nappes de cordes soutenues, comme sur Bastard Sons.
Au milieu de tout ça, on trouve une reprise tout à fait décalée (et pour le coup, très réussie…) de Help, des Beatles, où la voix de Luis Francesco Arena,

d’habitude dans les hauteurs, se fait plus douce.

BENZINE25/02/2008

On avait découvert Luis Francesco Arena (de son vrai nom Pierre Louis François, ancien membre du groupe Headcases) sur la structure Another Records en 2005 avec un premier album aux accents folk, basé principalement autour de la guitare et de la voix, autour desquels venaient se caler quelques cordes pour des arrangements aussi discrets que jolis. Pas de gros changement serait-on tenter de dire au premier abord. Pourtant, à bien y écouter, on se rend vite compte des progrès fait par le garçon tant au niveau du chant que des compositions. Moins maniéré, le chant de Luis Francesco Arena se révèle ici plus naturel et plus agréable. Côté musique, c’est d’abord au niveau des arrangements que l’on appréciera l’évolution. Entouré d’un quatuor à cordes, ce dernier enrichit sa musique lui donne plus de relief encore, preuve en est cette superbe reprise du “Help” des Beatles. De la belle ouvrage. (3.5) Benoît

LA MAGIC BOX25/02/2008

Seconde livraison pour Luis Franceco Arena, songwriter français tombé dans la folk music jusqu’au cou, imprégné par le travail de quelques contemporains (Tom McRae ?), et amoureux des belles mélodies.
Pour ce second album, Procelain Tandem, Luis Franceco Arena ne modifie pas vraiment sa copie, il continue son bonhomme de chemin, en apportant à ses compositions, toujours aussi sobres et épurées, quelques couches superposées de violons (Hard to move, Under red lights), à peine perceptibles, si ce n’est par le subconscient, qui travaille énormément passé le cap de la 10e écoute. The Lion's Kiss finit pourtant par nous faire réaliser de sa présence incontestable et de l’intensité qu’il procure sur l’ensemble du disque. Reckon the haze enfonce le clou et expose au grand jour ces cordes, en forçant sur les graves d’une contrebasse batailleuse.
Et même si On a mission vient nous chalouper un peu plus, la guitare, tout au long de l’album, en maître de cérémonie, guide avec calme et douceur la voix discrète de Luis, qui rappelle parfois celle d’un certain Thom Yorke.
De rares apparitions électriques ponctuent parfois les titres, comme pour laisser flotter de la tension dans un air pourtant bien tranquille. Peu de chance de voir poindre un orage dans ce Porcelain tandem… Si ce n’est l’éclair de génie qui guide ce compositeur talentueux…
A découvrir donc, et à écouter avec attention, pour en tirer toute la relaxation et la sérénité qu’il pourra vous procurer.
Un album paisible et sincère.

KRINEIN25/02/2008

Quelques accords de guitare nonchalants, une voix ébréchée qui fait son apparition presque immédiatement : quand il s'agit d'ouvrir un album, Luis Francesco Arena n'y va pas par quatre chemins et vous plonge directement dans le bain de ses chansons folk, par ailleurs tout à fait efficaces et bien tournées. Une exposition in medias res (pour reprendre un terme littéraire particulièrement adapté à la situation) saisissante et qui parvient à capter l'oreille et l'attention. Premier bon point pour ce chanteur-compositeur... français - et oui, ne vous laissez pas berner par les consonances hispaniques de son nom d'artiste - dont Porcelain Tandem est le second album.
L'oreille étant éveillée et mise en appétit par le court et percutant Seven Birds, encore faut-il la tenir en haleine sur la longueur d'un album. Là encore, Luis Francesco, sa guitare et son quatuor à cordes s'en sortent plutôt bien. Car ici, point d'électricité : l'acoustique règne en maître sur cet album, parcouru d'un bout à l'autre de frottements, de pincements et de grattements de cordes. Le rôle prépondérant offert aux cordes constitue de ce fait le réel point fort de ce disque, par ailleurs parcouru de mélodies folk à l'intérêt assez inégal. Les violons dialoguent, se répondent, le violoncelle ronronne, la guitare harmonise, et les premiers titres de l'album exploitent des sonorités assez peu communes grâce à une utilisation très rythmique de la section de cordes frottées (voir Hard to Move et Under Red Lights).

Le songwriting ne manque pas d'une certaine élégance, alternant mélodies bucoliques (toujours ces cordes sur The Lion's Kiss), complaintes mélancoliques (Bastard Sons) ou couplets sautillants (On a Mission). Si la voix de Luis Francesco Arena se révèle parfaitement adaptée à l'humeur de ces courtes ritournelles, se faisant tour à tour caressante, percutante ou déchirante, l'adjonction d'une voix féminine sur Porcelain Tandem (forcément) peut se révéler à double tranchant. Celle de Camille Berthomier (John & Jehn) apporte à la fois douceur, rondeur et insécurité : la justesse n'est préservée que de... justesse.

Porcelain Tandem se conclut sur une note apaisée, avec un enchaînement de tempi plus lents qui pourraient, si l'on n'y prend garde, laisser filer l'attention. Ce qui serait

dommage, puisque restent encore à découvrir la jolie et sombre Reckon the Haze, toute en sensibilité, ou encore The Soldier's Break, qui met fin à l'album avec lenteur, solennité et dépouillement.

Si ce deuxième album de Luis Francesco Arena souffre d'un léger manque d'entrain dans son milieu (Peanut Eye, On a Mission, Bastard Sons peinent à convaincre réellement), on ne peut nier que ses deux extrémités en font une production tout à fait appréciable, dans une veine folk classique rehaussée d'arrangements de cordes réellement admirables. Un songwriting raffiné et poétique vient compléter ce tableau, pour un bilan somme toute positif.

STARTER25/02/2008

Ce songwriter a la sensibilité à fleur de peau. Découvert au sein du groupe noisy, Headcases, il publie aujourd'hui son deuxième album et révèle une écriture riche avec un minimum d'effets. Une guitare sèche, un violoncelle...

Mélancolique et doux, l'univers du jeune homme est une bulle de calme où sa reprise des Beatles, Help! prend enfin son sens. Une authentique complainte émouvante, tout en finesse et tristesse.

L.D 

A DECOUVRIR ABSOLUMENT20/02/2008

Ce n’est pas un hasard si Luis Francesco Arena reprend un titre de Ken Stringfellow sur la version bonus de ce dernier opus. Le français partage cette même passion pour la mélodie d’orfévrerie, et cette félure qui n’éloigne rien, donne juste du relief par sa profondeur. La topographie mouvementée de Porcelain Tandem n’étant pas celle des pays bas, les émotions sont fortes. A peine vous vous remettrez de hard to move (alors que moi toujours pas) que l’on vous demandera de plonger dans les eaux troubles de under red lights. Souvent épurées (à l’image des dessins qui illustres le cd) les chansons de Luis Francesco Arena sont des modéles de minuties et de mariage des couleurs (peanut eye) comme un macaron l’est chez La Durée. La recherche de l’émotion se bat avec la volonté d’écrire la mélodie la plus pure pour prendre les commandes. Il en résulte un match certes débridé, mais n’entrainant pas de surrenchère (il n’y a qu’a entendre la reprise surprenante du poids de l’histoire de Help). Porcelain tandem (chanson titre émouvante avec Jehn) est parfaitement choisi, de la belle œuvre pour un contact humain précis et fin. Bienvenue donc dans l’univers de Luis Francesco Arena, un espace où la beauté sert à porter des histoires terribles, des histoires dignes d’un épisode de la quatrième dimension (one last record). Luis francisco Arena rêve toute le journée des mélodies, mais cauchemarde les mots à accrocher sur ce fil parfait. D’une beauté intriguante.

WIK20/02/2008

2005. C'est en 2005 qu'il a donné pour la première fois de ses nouvelles. Un peu come si Luis Francesco Arena avait enfilé le costume du vieux pote perdu de vue depuis les années collège. Qu'était il devenu? En guise de réponse: un premier album éponyme bercé par une mélancolie rageuse. Et puis plus rien. Luis Francesco Arena était parti comme il était arrivé: par la porte de derrière et discrètement. Aujourd'hui le songwriter revient par la grande porte. Même plus besoin de sonner. Il connaît le digicode. Sort il ya peu sur Fiatlux records, Porcelain Tandem s'annonce comme l'album de la reconnaissance publique. Prête à parier que le Tourangeau s'apprête à connaître un succès similaire à celui de Troy Von Balthazar. Tous les clignotants sont au vert. Entouré d'un quatuor à cordes, Luis Francesco Arene aiguise son songwriting. Tantôt sec (Seven birds, brillante ouverture), tantôt en apesanteur (Reckon the haze). Le jeune homme se paie même le Help! des Beatles dans une version échappée d'une nuit blanche. Avec son approche multiple de la folk, Luis Francesco Arena offre un Porcelain Tandem libre comme l'air. Arnaud Bénureau.